Gathas n°14

« Mes erreurs ne me bercent pas quand je m’endors mais elles ouvrent mes yeux sur une vision plus profonde de la vie. »
Commentaire Pir Zia: Le fait de commettre des péchés est humain. Devenir un être humain accompli ne signifie pas devenir infaillible. Cela veut plutôt dire que l’on puise la sagesse au travers de toutes nos expériences, y compris l’expérience qui consiste à pécher.
Notre moi peut adopter trois positionnements principaux : celui du moi impérieux, celui lié à l’autocritique et celui du moi tranquille. Chacun d’eux apporte une réponse différente aux fautes commises.
Le moi impérieux est rapide à pointer du doigt les péchés des autres mais refuse de reconnaître les siens. Il est prêt à toutes les extrémités pour cacher ou justifier ses faux-pas et ses offenses. En ce qui concerne les affaires de conscience, le moi impérieux est profondément endormi.
D’un autre côté, le moi autocritique a une conscience aigüe de ses fautes. En fait, il est souvent submergé par leur nombre important. On pourrait dire que le moi autocritique est à demi-éveillé,  ayant péniblement conscience de ses erreurs, mais pas encore capable de trouver comment les dépasser.
Quand on s’amende, qu’on apprend de ses expériences, qu’on amorce un virage de vie et qu’on fait confiance à la Miséricorde Divine, le moi tranquille apparaît. Ce dernier est totalement éveillé et chemine avec confiance et foi en l’Etre Unique.
Quand une personne a réellement appris à travers ses fautes, elle ne les réitérera pas. Bien sûr, il se peut cependant que la personne commette de nouvelles fautes, mais différemment _ ce seront des fautes plus subtiles. La personne en question tirera des leçons de celles-ci aussi. De cette façon, la vision de la vie est de plus en plus profonde.

Gathas n°13

« L’imagination ne peut suivre la rapidité de mes pas. »
Pir Zia: Un sage traversa la ville. Cette femme revint rayonnante et dit : « Quelle joie ! » Un élève de cette femme sage avait grand hâte de voir les mêmes scènes. Il suivit l’itinéraire qu’elle avait emprunté, mais revint saisi par le dégoût. Il demanda : » Pourquoi vous et moi avons-nous vu des villes si différentes? ». La femme sage répondit : » Nous avons réglé nos pas sur des rythmes différents. »
Le pas du mystique traverse le pont entre le visible et l’invisible. Bien sûr, le mystique voit les scènes ordinaires : les caniveaux, la boucherie, le regard vide des banlieusards épuisés. Mais le mystique voit également bien davantage.
Le mystique voit la complexité de la toile de la vie. L’eau stagnante du caniveau a autrefois déferlé, quand elle était les vagues de l’océan et elle a parcouru le ciel sous la forme de nuages _ ce qu’elle fera à nouveau. Le coup de flanc dans la fenêtre est l’œuvre d’une vache ayant reçu de l’affection de sa mère. Mais elle a aussi souffert de mauvais traitements et est apparentée aux bovins pour lesquels des forêts anciennes se font, en ce moment même, passer au bulldozer (scellant l’extinction du grouillement de leurs habitants). Enterrés au creux des poitrines de ceux qui vont au bureau, se trouvent des cœurs capables d’une émotion aussi vaste que l’univers.
Les enjambées du mystique incluent tout cela et plus encore. Dans sa marche en avant le mystique dépasse les frontières du monde et de ses limites. Visions de lumière, énergies et vibrations  se dessinent de façon fulgurante tout comme les courants sous-marin de l’univers se dévoilent. Etant donné que le mystique se lance vers le centre de toute chose, l’Etre dévoile son mysterium tremendum, ses redoutables mystères : seul  JE existe.
L’Etre n’est pas une destination vers laquelle l’imagination peut s’avancer. Mais l’Etre imagine l’univers et y déroule ses pas.

Gathas n°12

« Nous verrons qui va supporter l’épreuve jusqu’au bout, la persévérance de mon ennemi ou bien ma patience. »
Pir Zia
: Lors d’une confrontation de diverses formes de volonté, il y a toujours la tentation de fuir la rencontre sinon  de céder à la pression et de faire des concessions, que l’on sera bientôt amené à regretter. Se montrer résolu tient soit de l’égoïsme, soit de la conviction.

Une détermination égocentrée est liée au désir d’être perçu comme ayant toujours raison, ou au moins comme étant celui ou celle qui impose la défaite à ses adversaires. Pour notre petit ego, la nature d’un désaccord est sans importance ; ce qui importe, c’est d’avoir le dernier mot.

D’un autre côté, la fermeté de la conviction est une question de principes. Notre désir de l’emporter est motivé par la justesse de la cause que nous servons. Même si on est condamné à échouer, on se considère obligé de faire tous les efforts possibles.

Dans la vie, un combat d’importance mineure est mené contre des adversaires extérieurs. Un combat d’ordre majeur se livre contre l’ennemi intérieur : le petit ego, pivot de tout égocentrisme, de la vanité et de l’ignorance. Le prophète Mohammed a dit : « Votre pire ennemi est votre ego, qui se trouve au creux de vos flancs ».

Travailler à l’alchimie du petit ego, de sorte que les étroites limites de celui-ci se dissolvent, est un travail de patience. Le succès nécessite de garder le cap et de s’abstenir même du plus petit compromis qui obscurcit la lumière de l’âme.

Quand une aide nous parvient, elle vient de la Lumière des Lumières. C’est pourquoi Dh’un-Nun a dit : « C’est l’aide de Dieu Le Très-Haut que la patience recherche. »

Gathas commentaire n°11

« Je ne suis pas venu pour changer l’humanité.  Je suis venu l’aider à poursuivre son chemin. »Pir Zia: « Le but du chemin soufi n’est pas d’imposer à l’esprit humain un système de croyance particulier. Le but est de révéler ce qui est déjà présent à l’intérieur des profondeurs  de l’esprit _ le cœur, et de révéler ce qui est dans les profondeurs du cœur _ l’âme ; et aussi de révéler ce qui existe dans les profondeurs de l’âme _ le propre être de Dieu.
Essayer de changer une personne n’est pas nécessairement un acte de bienveillance, même si l’intention était bonne. Chaque personne est qui elle (ou il) est. En même temps, l’expérience d’une personne n’est jamais définitive. Nous changeons tous constamment lorsque nous traversons la vie. S’apporter mutuellement de l’aide au fil du changement, extérieur et intérieur, est la voie de la bienveillance.
Tout comme il est préférable d’aider un ami sur le chemin plutôt que d’essayer de changer son ami, quand on en vient à ce qui est en train d’émerger dans l’expérience de l’humanité dans sa globalité, une assistance judicieuse tournée  vers le déploiement de l’horizon de beauté, procure une aide que le rejet impatient ne peut jamais donner. »

GATHAS commentaire n°10

 « Je considère l’échec comme un tremplin vers le succès »

PIR ZIA: « Le voyage de la vie est fait d’essais et d’erreurs. C’est en faisant qu’on apprend. Quel que soit le résultat de nos entreprises, aucune expérience ne se perd si, à travers elle, on apprend quelque chose et si on poursuit sa route, déterminés à aller plus loin.
A première vue, le succès est gratifiant et l’échec décevant. Cependant, d’un point de vue plus profond, quant au déploiement de l’esprit et du cœur, la connaissance gagnée à travers le succès et la connaissance gagnée par l’échec sont tout aussi enrichissantes.
Tout voyageur sur le chemin de la vie connaîtra parfois des succès et parfois des échecs. La différence entre ceux qui voyagent bien et ceux qui ne le font pas, réside dans leur attitude. Aux yeux du pessimiste, un échec précède des déconvenues toujours plus profondes. Pour l’optimiste, ce n’est rien d’autre qu’un tremplin sur le chemin du succès.
L’échec conduit généralement à l’échec, à moins que l’espoir ne s’interpose. L’espoir joue le rôle de l’ouvreuse, à la porte du succès.
Et qu’est-ce que le succès ? Obtenir ce qu’on désire est une forme de succès. Mais dès qu’un désir est assouvi, un autre surgit. Le réel succès est dans l’éveil, toujours croissant, de la sagesse et de l’amour, dans la poursuite du voyage de la vie.

 

GATHAS commentaire n°9

 « Je considère l’échec comme un tremplin vers le succès »

Commentaire de Pir Zia: Le voyage de la vie est fait d’essais et d’erreurs. C’est en faisant qu’on apprend. Quel que soit le résultat de nos entreprises, aucune expérience ne se perd si, à travers elle, on apprend quelque chose et si on poursuit sa route, déterminés à aller plus loin.
A première vue, le succès est gratifiant et l’échec décevant. Cependant, d’un point de vue plus profond, quant au déploiement de l’esprit et du cœur, la connaissance gagnée à travers le succès et la connaissance gagnée par l’échec sont tout aussi enrichissantes.
Tout voyageur sur le chemin de la vie connaîtra parfois des succès et parfois des échecs. La différence entre ceux qui voyagent bien et ceux qui ne le font pas, réside dans leur attitude. Aux yeux du pessimiste, un échec précède des déconvenues toujours plus profondes. Pour l’optimiste, ce n’est rien d’autre qu’un tremplin sur le chemin du succès.
L’échec conduit généralement à l’échec, à moins que l’espoir ne s’interpose. L’espoir joue le rôle de l’ouvreuse, à la porte du succès.
Et qu’est-ce que le succès ? Obtenir ce qu’on désire est une forme de succès. Mais dès qu’un désir est assouvi, un autre surgit. Le réel succès est dans l’éveil, toujours croissant, de la sagesse et de l’amour, dans la poursuite du voyage de la vie.

Gathas commentaire n°8

« Rien ne me plaît davantage dans la vie que de faire plaisir aux autres, mais il est difficile de plaire à chacun. »
Pir Zia
: Il y a trois raisons, qu’une personne puisse avoir,  d’essayer de faire plaisir à une autre. La première est à des fins stratégiques : nous désirons nous faire un ami ou en garder un et éviter de nous faire un ennemi. Maintenir le bonheur des gens autour de nous, autant que possible, a généralement comme effet d’adoucir notre chemin de vie.
La seconde raison, qu’une personne puisse avoir, d’essayer de faire plaisir à une autre, est d’être bien vue. Très souvent, notre propre image est liée à l’opinion des autres. Une attention bienveillante nous épanouit et nous dépérissons sous les regards critiques.
La troisième raison est pur altruisme. Cette motivation transcende les mystérieuses incertitudes qui couvrent le mental de leur ombre. Nous voulons faire plaisir aux autres parce que nous réalisons, en notre for intérieur, que toute autre personne est un autre nous-même.
Mais, même si notre motivation est la plus pure qui soit, faire plaisir aux autres n’est pas toujours facile. Comme le dit Hafiz : »L’amour semblait, tout d’abord, être une chose facile _ mais ah ! Quel dur réveil ! »
Parfois, en faisant plaisir à une personne, on déplaît à une autre ; il y a des cas où on ne peut pas, dans l’immédiat, plaire à deux personnes à la fois. La tentative de faire plaisir à chacun est noble, mais pour finir, on doit suivre sa conscience et agir en fonction de ce qu’on croit être le mieux.

Gathas commentaire n°7

« Je me sens moi-même, quand je suis seul avec moi-même »
Pir Zia: Il existe deux formes de référence à soi-même, le «moi » et le « je».
Les caractéristiques physiques et sociales définissent le moi. Il est né un certain jour et un jour, il mourra. Entre-temps, il a des yeux pour voir.
Le « je », par contraste, n’a pas de nom, pas de forme. La naissance ne l’a pas créé et la mort ne le détruira pas non plus. Ce n’est pas tant un phénomène de voyance que le fait de se voir soi-même.
Tout comme les autres apprécient le moi, le moi s’estime lui-même. Le « je », d’un autre côté, ne gagne rien à travers la bonne opinion des autres et il n’est pas touché par leur mépris.
Sur la place du marché du monde, le moi occupe le premier plan. Dans chaque rencontre, il renégocie sa place. Pendant ce temps, le « je » est en dormance.
C’est seulement dans le silence de la solitude que le « je » émerge. Il n’y a, alors, plus de moi ou autre chose, seulement  le témoin de ce qui apparait. Enfin on se sent soi-même.
Le sentiment d’être soi-même vient d’abord, tout naturellement, quand on est seul. Mais le mystique apprend, en temps voulu, à être seul au milieu de la foule : être non seulement un « moi » parmi d’autres « moi », mais un « je » parmi des « je ».

Noor Inayat Khan dans la Silsilla

Pir Zia: « Stimulé par la découverte, lors du festival d’Astana Archive (1), d’une pièce de théâtre écrite par Pirzadi-Shahida Noor, j’ai longuement réfléchi à sa vie et son legs tout au long des derniers mois. Pour moi, c’est devenu plus clair que jamais auparavant : le temps est venu pour notre ordre de la reconnaitre comme une personne essentielle, ayant porté la tradition du Message soufi. On peut tirer une prodigieuse inspiration de ses écrits, et plus encore de sa vie, qui a été un véritable conte de Jataka dans la vie réelle.

Si Dieu le veut, la pièce de théâtre de Pirzadi-Shahida Noor, Aede of the Ocean and Land (2), sera publiée cette année. C’est une fascinante histoire, semblable à l’Odyssée d’Homère mais au plan spirituel. Cet été, au camp du Zénith en Suisse, une semaine sera dédiée à Pirzadi-Shahida Noor, la chevalerie et Aede.  Je vous encourage à venir, si vous le pouvez. Et cela, nous l’espérons, ne sera qu’un début ».

DECLARATION PIR ZIA 5 FEVRIER 2018

(1) Astana est la capitale du Kazakhstan
(2) Aède, né de la Terre et de l’Océan

Gathas commentaire n°6

« Je travaille dans la simplicité et ne m’inquiète pas des résultats. Ma satisfaction est dans l’accomplissement du travail qui m’est donné, le réalisant au mieux de mes capacités, et je laisse les effets à la Cause »

Pir Zia: Le Seigneur Krishna a dit : « Soyez tout entier dans l’action, et non dans les fruits de l’action ».

Faites ce qui est à faire, sans être attaché aux résultats.

Il est facile de tomber dans l’embuscade de la peur. « Et si j’échouais ? » « Et si mes efforts étaient en vain ? » De telles spéculations ne servent à rien. Le travail qui est donné doit être entrepris, que ce soit un succès ou un échec. Ce qui importe, c’est l’effort.

La tâche donnée est le travail que nous savons être notre, au plus profond de notre être. S’adonner à ce travail, c’est trouver sa place dans l’harmonie de l’univers. Travailler au mieux de ses compétences signifie créer l’unité du corps, du cœur et de l’âme dans l’effort et ne jamais abandonner.

La rencontre de la paix, à travers un travail qui connait une fin heureuse, est toujours lointaine. Par contre, la paix que l’on trouve dans le travail bien fait, est là, à chaque pas sur le chemin.